"Côté Histoire"

 
La première carte où figure "Amérique"

<< Universalis cosmografia secundum Ptholomaei et Americi Vespucii, 1507 >>
                       par Martin Waldseemüller (Saint Dié, 1470-1521)
Carte Conservée à la Bibliothèque du Congrès  à Washington,
très importante, car c'est la première où figure le mot "AMERICA".


Elle a été gravée par Martin Waldseemüller, imprimeur à Saint Dié (France), assez connu aux 15ème et 16ème siécles, parce qu'il avait des "envoyés-spéciaux" dans tous les grands ports, pour attendre le retour (éventuel) des explorateurs, et leur acheter leurs carnets-de-bord. C'est ainsi qu'il a réussi à "mettre la main" sur celui d'Américo Vespucci.

Et c'est lui qui a pris l'initiative alors de donner aux terres découvertes entre 1492 et 1505, le nom d' "AMÉRICA".
En hommage à Américo Vespucci, pour avoir été le premier à avoir compris et défendu qu'il s'agissait d'un nouveau continent (le titre de son journal-de-bord : "Mundus Novus" ).


Sur les zooms successifs, on voit même apparaître "PORTO SEGURO" (en bas à droite) tout près du premier "AMERICA" (en haut à gauche).
Remarquez aussi que l'Amérique du Nord (non encore explorée) est réduite à sa plus simple expression. 
...Extraordinaire, car il s'agit de 1507...c'est-à-dire 7 ans après la découverte du Brésil et l'abordage à Porto Seguro!


La 1ère carte oú figure le mot "Amérique"
 
Le fronton de la carte = Americo Vespucci
 
1ère carte  "America" avec Porto Seguro
 
zoom sur Porto Seguro
 

Carte du 17ème siècle de notre région
 
Carte Arnoldus MONTANUS (1625-1683) et Jacob Van MEURS (1619-1680)(Amsterdam, 1671)
 
Le titre
 
La Carte
 

Le sud de Bahia et Porto Seguro (17ème S)

ATTENTION =
pour être dans le sens de l'écriture l'océan est à gauche et les terres sont à droite.
Donc le sud est en haut et le nord est en bas.
Vous voyez apparaître nettement de haut en bas:
- Pto et R.Curubaba (Porto et Rio Curubaba), probablement Corumbaú et Caraíva
- Pto Signoro (erreur sur Porto Seguro)
- Sta Crus (Santa Cruz Cabralia)
- Rio Santo Antonio
- Rio Bonbuqquisay (Mogiquiçaba)
- Rio Grande (Rio Jequitinhona ou Rio de Belmonte)
- Ilheos
Á droite, Capitania de Porto Seguro (cette fois sans erreur) et Aymurés (tribu d'indiens)

 
Carte du 17ème siècle de notre région = entre Santo Antonio et Mogiquiçaba
 



Comment parler du Brésil 

Géant parmi les géants, le Brésil, à mi-chemin entre la culture africaine et l'univers américain, s'est toujours singularisé par sa langue, son histoire et son extraordinaire métissage de cultures. Du commerce du «bois de braise» à celui du «bois d'ébène», des églises baroques aux lignes futuristes de Brasilia, chaque déplacement  y devient un circuit culturel à la découverte de ce pays. 
En 1500, l'immense pays qui devint le Brésil était le domaine d'une population clairsemée, répartie en petits groupes tribaux, dans la forêt amazonienne aussi bien que dans les savanes des plateaux. À la fin du XVe siècle, après les expéditions de Vasco de Gama, les Portugais décidèrent d'envoyer une importante flotte vers les Indes sous le commandement d'Alvarez Cabral qui atteignit le Brésil et en prit possession en vertu du traité de Tordesillas, signé en 1494 entre l'Espagne et le Portugal. L'intérêt suscité par cette découverte entraîna l'organisation de plusieurs expéditions mais l'enthousiasme faiblit lorsque l'on s'aperçut que cette terre n'était pas l'Eldorado où l'or coule à flots. La désaffection des Portugais permit aux Français d'amorcer le grand commerce du « bois de braise », le bois de teinture rouge, le brazil des Portugais. En 1533 cependant, sous le règne de Jean III, les Portugais reprirent leurs droits et le Brésil fut divisé en quinze capitaineries héréditaires distribuées à de véritables seigneurs féodaux. Les Français, qui s'étaient les premiers établis à Rio de Janeiro, en furent chassés par les Portugais en 1567. Ensuite, au XVIIe siècle, les Hollandais prirent possession de la région du Pernambouc, le fief de la canne à sucre. En 1654 ce furent les Brésiliens eux-mêmes qui les expulsèrent, marquant ainsi la naissance d'une véritable conscience nationale.

C'est à cette époque que les Paulistas, colons de Sao Paulo, initièrent l'expansion vers l'ouest. Organisant de grandes expéditions armées, les bandeiras, ils firent des razzias d'esclaves et se heurtèrent aux jésuites des reducciones. L'histoire de l'économie brésilienne fut rythmée de cycles de prospérité et de déclin. Le règne de la canne à sucre et du bois brazil fit naître les grandes plantations esclavagistes et assura l'enrichissement des grandes familles aristocratiques. Au milieu du XVIIIe siècle, la ruée vers l'or du Minas Gerais se prolongea au XIXe siècle par la découverte de gisements de diamants. Au XIXe siècle, l'essoufflement de la production de canne à sucre fut compensé par l'essor du coton et surtout par l'extraordinaire prospérité des cultures de café et de cacao. Les fluctuations des cours entraînèrent alors le Brésil dans une alternance de phases de prospérité et de régression économique. Au XIXe siècle, un nouveau miracle se produisit : la mise au point du procédé de transformation du  latex de l'hévéa braziliensis en caoutchouc fit la fortune des régions amazoniennes. En 1910, alors que les cours mondiaux atteignaient leur apogée, la concurrence du latex malais plongea le Brésil dans la catastrophe économique...

La vie politique connut bien des avatars, de la révolte de Tiradentes en 1789 à l'indépendance de l'Empire brésilien proclamé par Don Pédro en 1822. Les derniers liens avec le Portugal se dénouèrent lorsque Pédro II, souverain éclairé auquel le Brésil doit l'abolition de l'esclavage, dut abdiquer en 1889. De coups d'État en dictatures le Brésil a cependant fait au XXe siècle son lent chemin vers la démocratie. Celle-ci ne mit pas un terme aux scandales de corruption et aux difficultés économiques et monétaires du pays. Malgré ces difficultés le Brésil est aujourd'hui un pays relativement prospère qui souffre cependant encore de fortes disparités sociales.


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